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Full text of "Rapport fait par Cholet (de la Gironde) sur un message de la Commission consulaire, relatif à la fixation définitive du mètre et du kilogramme : séance du 12 frimaire an 8."

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r . ■ : 'I 


CORPS LÉGISLATIF. 



COMMISSION DU CONSEIL DES CINQ-CENTS. 


RAPPORT 

FAIT 

3PAR CHOLET (de la Gironde ) , 

Sur un message de la Commission consulaire ^ relatif cl 
la fixation définitive du mètre et du kilogramme* 

Séance du 12 fii maire an 8 . 


Citoyens représentans , 

Déterminer la longueur exacte du mètre , c’est-à- 
dire , d’une mesure qui , en proportion avec la taille 
ordinaire des hommes et avec l’ouverture la plus na- 
4 , , - , A 


9^aARY 


tnrelle et la moins gênée de ses bras^ fût prise sût 
une surface d’une étendue .invariable , sur laquelle on 
pût, dans tous les siècles les plus recules, la vérifier 
et la retrouver même si elle étoit perdue ; tel étqit le 
piroblême à résoudre. îl devenoit d autant plus inté**- 
ressant de le faire avec précision , que les divisions 
ou les multiples de cette même mesure , appliqués 
aux masses , aux surfaces et aux capacités , dévoient , 
par des procédés simples et pareillement invariables , 
servir à compléter le système de runiformité des poids 
et des mesures , calqué sur la même base. 

Comme tout change sur le globe terrestre , hors sa 
masse et sa convexité cpi restent toujours les mêmes , 
le globe seul pouvoit donner avec certitude , dans une 
portion déterminée de sa circonférence , cette mesure 
invariable que l’on cherchoit. 11 falîoît, en toisant la 
longueur d’un certain nombre de degrés du méridien 
terrestre , déterminer par une règle de proportion ^ la 
mesure exacte de l’arc compris entre le pôle et l’é- 
quateur. 

Cette immense opération fut entreprise aussitôt 
eue conçue , et vers le mileu de 1798 , les travaux 
déjà faits’ dans cet objet avoient donné la certitude que 
la dix -- millionième partie de cet arc du méridien 
du pôle à l’équateur donnoit une longueur de trxiis 
pieds onze lignes , et quelques fractions de lipe. 

L'assurance qu’il ne pouvoir y avoir à cet égard qu’une 
différence presqu’insensible , et l’empressement de faire 
jouir la nation française de la précieuse uniformité que 
l’on cherchoit à établir dans les poids et mesures , 
déterminèrent la Convention nationale à fixer provisoi- 
rement , par la loi du premier août 1793 , la longueur 
du mètre a trois pieds onze lignes et quarante-quatre 
centièmes. 

Les opérations faites depuis par deux savans 
chargés de ce ' travail , les citoyens Mechain et 


3 


Delambre, qui y ont apporté des ^ ^ 

cision vérita'kement dignes de 

et de notre admiration, ont prouvé 4"® ' :f“; 

véritable n’étoit que de cent cuiquante-quatre 
mes de ligne plus court que le métré aecUrc pro/i 

soirs 

Cette différence seroit insensible ou , 
dire nulle , dans les mesures dusage , pui.qj ca 
ayant égard à la différence des temperature^s aux- 
quelles on a rapporté le métré provisoire et L maie 
définitif , le orémkr n’excède la longueur de . autre 
que d’un quinzième de ligne par roetre , ce qin ne 
donne que huit lignes environ sur cent aunes a an- 

Ma.is dans une opération aussi grande , mtssi impor- 
tante, et dont la République française oirre le résul- 
tat à la vérification de tous les peuples de 1 univers et 
des générations hitures , les à-peu-près ne peuven 
convenir , et les savans qui 1 ont entrepuse croiroien 
que la moindre erreur lui ôteroit la partie essentielle 
de son mérite , qui doit consister dans une précision 
et une exactitude aussi grandes que les mopeas u.., 
rhnmanité peuvent le comporter. 

Cest b rectification de cette erreisr Jegere a b 
vérité , mais importante néanmoins par cela seul qu€ 
c’est une erreur , er la fixation dérminve tant du. rnetie 
que du kilogramme ou poids d.e mille grammes qm 
en dérive , d-ù font l’objet du message., que. la com- 
mission Gonsdlaire vous a adresse le 4 de ce mois.. 
Consuls de la République vous proposens eaco.e t, ci- 
donner qu’il sera frappé une médaille pour crausmetae 
à la postérité l'opération qui a servi de bj.»e a c„tt., 

^"LaTe’ction de législation , à laquelle vous avez ren- 
voyéce message , a pensé , citoyens, lepieseimins , qMt 


4 

VOUS vous empresseriez de répondre à cette double 
invitation. Vous croirez , sans doute , que dans une 
opération oû Ton a pris la nature pour base , on 
doit scrupuleusement imiter son exacte et invariable 
précision ; et ce sera pour vous une satisfaction bien 
douce de vous associer , autant qu’il esp en vous , à 
la gloire de cette grande et utile entreprise , en or- 
donnant d’en transmettre le souvenir à la postérité , 
de la manière la plus durable que les hommes aient 
pu inventer, 

L’Institut national des sciences et des arts a fourni 
un projet simple et parlant de la médaille qui doit 
être frappée pour cet objet j nous ne nous permet- 
trons pas d’y proposer le plus léger changement. 

Combien la mémoire 'de ce bienfait envers les 
hommes de toutes les nations et de tous les temps 
est digne d’honorer la révolution française ! combien 
cette médaille sera plus précieuse aux yeux des sages 
que toutes celles que les divers conquérans qui ont 
désolé la terre , ont fiit frapper au milieu des ruines 
qu’ils avoient entassées , et des cris plaintifs de l’hu- 
manité 1 

Vous prouverez encore par-là , citoyens représen- 
tans , combien vous avez à cœur de conserver' tout 
ce que notre régénération politique peut offrir de 
grand et d’utile au genre humai’n , et vous fermerez 
ainsi la bouche à ces incorrigibles ennemis de notre 
liberté , qui, s’appropriant la victoire que vous venez 
de remporter sur le brigandage et la démagcgie ^ 
veulent déjà persuader aux hommes simples que toutes 
les institutions républicaines vont être entièrement 
abolies , que les anciennes mesures , les anciens poids,, 
les aoeiens usages vont incessamment reparoitre ^ 
comme le prélude , sans, doute ^ d’un retour complet à 


cét ancien régime , objet de tous leurs vœux , et celui 
de toute notre horreur. 

Voici en conséquence le projet de résolution que 
je suis chargé de présenter à la commission. 

PROJET DE RÉSOLUTION. 


La Commission du Conseil des Cinq -Cents, créée 
par la loi du 19 brumaire an 8 , délibérant sur la 
proposition formelle de la Commission consulaire 
exécutive , contenue dans son message du 4 tie ce 
mois , d’adopter définitivement le mètre et le kilo- 
gramme présentés au Corps législatif par Tlnstitut 
national , et de frapper une médaille qui transmette 
à la postérité Topération qui lui sert de base , 

Considérant qu’on ne peut trop s’empresser de faire 
disparoitre d’une opération aussi vaste , aussi utile , 
et présentée par la nation française à la vérification 
de tous les peuples , toute erreur qui peut lui ôter la 
moindre partie de son mérite , quelqu’insensibie qu’elle 
puisse être dans l’usage ordinaire ; 

Considérant qu’il est également instant de constater 
par un signe durable l’époque précise où elle a été 
terminée , ainsi que les moyens qui y ont été em- 
ployés , afin d’en perpétuer à jamais le souvenir; 

Considérant enfin que c’est un devoir pour les re- 
présentans du peuple de détruire promptement les doutes 
que les ennemis ,de la révolution se plaisent à ré- 
paiidre sur le maintien des institutions républicaines , 
Déclare qu’il y a urgence. 

La Commission , après avoir déclaré Furgence , prend 
la résolution suivante : 

Article premier. 


^ Le mètre et le kilcgramme en platine , déposés 1^ 


6 

4 messidor dernier au Corps législatif par rinstitut 
national des sciences et des arts , sont les étalons 
définitifs des mesures de longueur et de poids 
dans toute la République. En conséquence il en sera 
remis des copies absolument conformes à la Commission 
consulaire , pour servir à diriger la confection des nou- 
velles mesures et des nouveaux poids. 

1 L 

lî sera incessamment frappé , à la diligence de^ 
Consuls de la République , une médaille pour transr 
mettre à la postérité le principe du nouveau système 
métrique et Tépoque de son adoption définitive. 

IIL 

Le côté principal de la médaille représentera la 
République Iran aise sous la figure d’une femme debout 
offrant , de la main droite ^ un mètre , et de la main 
gauche un kilogramme. 

L’inscription sera , â tous les temps et à tous Us peu- 
ples ; et dans l’exergue , République française an 8. 

La figure de la République sera posée sur une plinthe 
de cinq centimètres de longueur sur laquelle on lira 
cinq centimètres. Elle sera divisée en cinq parties , et 
chaque partie en dix millimètres. 

La figure du mètre présenté par 
divisée en dix parties. 

Le revers de la médaille offrira le globe de la terrç 
dont l’axe sera incliné de quarante-cinq degrés. Un 
compas ouvert aura l’une de ses pointes sur l’équareur, 
et l’autre sur le pôle septentrional , au-dessus ducjuel 
sera placée la constellation de la petite ourse. 

L'inscription sera divisée en deux portions de cerck' 


la République sera 


7 

concentriques. On lira dans la première et en carac- 
tères plus grands : Unité des mesures ; et dans la seconde: 
Dix-millionième du quart du méridien. 

Le diamètre de la médaille sera de sept centimètres. 

I V. 

La fixation provisoire du mètre , déterminée 
par les lois du premier août 1793 et 18 germinal 
an 3 , demeure révoquée et comme non avenue. 

V. 

La présente résolution sera imprimé et portée à la 
Commission du Conseil des Anciens par un messager 
d^Etat. 


A PARIS , DE UIMPRIMERIE NATIONALE. 
Frimaire an ^ 8 .